

En octobre 1984, j’ai eu l’honneur de participer à l’exercice interarmées « Harmonie Sud-Est 84 », une opération d’envergure organisée sur le terrain de l’aéroport de Nice Côte-d’Azur. Affecté à l’Escadron de Protection 42/943 en qualité de fusilier commando breveté élémentaire, cette mission a été pour moi bien plus qu’un simple exercice : elle a représenté un condensé des valeurs fondamentales du service militaire — discipline, rigueur, solidarité et sens du devoir.
Une implication précoce et déterminante
Alors que les manœuvres étaient officiellement prévues les 16 et 17 octobre, j’ai été mis à la disposition du chef du détachement logistique dès le 9 octobre. Cette anticipation a été essentielle à la réussite de l’opération. Il s’agissait non seulement de préparer le terrain, mais aussi de mettre en place les structures nécessaires à l’accueil des effectifs et au bon déroulement de l’exercice.
Ma première mission fut l’installation du camp, tâche qui comprenait le montage des tentes « SAGA », équipements modulaires lourds mais indispensables pour garantir un minimum de confort aux participants. Ces structures, à la fois techniques et robustes, demandaient précision, coordination et endurance physique. Le moindre défaut d’assemblage aurait pu compromettre la sécurité ou le bon déroulement des opérations.
Rigueur quotidienne : levée et descente des couleurs, même hors base
Malgré le fait que l’exercice se déroulait en dehors d’une base militaire conventionnelle, nous avons tenu à maintenir une tradition militaire fondamentale : la levée et la descente des couleurs chaque jour. Ce rituel, symbole de notre attachement aux valeurs de la République et à l’armée, était pour moi une manière de rester ancré dans la discipline et l’honneur du service. Chaque matin, au lever du jour, et chaque soir au coucher du soleil, nous rendions hommage au drapeau tricolore, avec le même respect que sur une base officielle.
Ce moment de recueillement quotidien renforçait la cohésion de l’équipe, rappelant à chacun que, même en terrain civil ou temporairement installé, nous restions soldats avant tout, porteurs d’un devoir et d’un engagement supérieur.

Un rôle actif dans la logistique, la discipline et la sécurité
Outre les tâches techniques, j’ai été chargé de veiller au bon fonctionnement du camp. Le gardiennage constituait un aspect fondamental de mes responsabilités. Il ne s’agissait pas simplement de surveiller les accès, mais aussi d’assurer la sérénité et la sécurité des personnels engagés. Ma vigilance constante, de jour comme de nuit, visait à anticiper tout problème logistique ou sécuritaire.
La discipline faisait également partie de mes attributions. En tant que sous-officier expérimenté, j’étais un relais entre le commandement et les effectifs, veillant à l'application des consignes, à l’organisation des relèves, et au bon état des équipements. J’ai notamment veillé à ce que les rotations de veille soient équilibrées, que les espaces communs restent fonctionnels, et que chacun contribue à l’effort collectif.
Démontage et clôture de mission
Après la phase active de l’exercice, il a fallu démonter les installations, ranger le matériel et restituer le terrain dans un état irréprochable. Ce travail, souvent négligé ou sous-estimé, demandait une rigueur extrême. Le démontage des tentes SAGA fut une opération aussi exigeante que leur montage : il fallait procéder méthodiquement, en veillant à ne rien endommager, et à respecter les délais.
L’efficacité du repli logistique fut saluée par le commandement, ce qui témoigne de la qualité de la préparation et de l’implication de chacun.
Une reconnaissance officielle
À l’issue de cette mission, j’ai eu l’immense satisfaction de recevoir une lettre de félicitations officielle du Colonel B. Piettre, commandant la Base aérienne 943. Ce document souligne ma compétence, mon efficacité, mon dévouement et l'importance de mon rôle dans le bon déroulement de l’opération. Il souligne également que j’ai « payé largement de ma personne » — une expression qui résume bien mon engagement total durant toute la durée de l’exercice.
Cette reconnaissance écrite constitue à la fois un honneur personnel et une fierté professionnelle. Elle vient couronner un travail de terrain, discret mais fondamental, au service d’un objectif collectif.
Conclusion: l’engagement au service de la mission
Participer à l’exercice « Harmonie Sud-Est 84 » fut une expérience marquante, tant sur le plan humain que professionnel. Elle m’a permis de mettre en œuvre l’ensemble des compétences acquises au fil des années : rigueur, autonomie, esprit d’équipe et sens du devoir. Dans un environnement exigeant, hors des structures classiques de la base, il a fallu faire preuve d’adaptabilité et de constance.
Cet épisode demeure à mes yeux un exemple parfait de ce que signifie « servir » : se rendre utile, être fiable, et contribuer activement à la réussite d’une mission collective. La levée des couleurs chaque matin, le montage des tentes, la veille nocturne, le démontage final — autant de gestes simples en apparence, mais porteurs d’une grande valeur militaire.
Gerard D

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