Mon passage au CFME de Saintes

Lorsque l’on évoque l’Armée de l’air, beaucoup pensent immédiatement aux avions de chasse, aux pilotes et aux mécaniciens qui veillent sur ces machines impressionnantes. Pourtant, derrière chaque vol réussi, derrière chaque mission de défense et de soutien, il y a des centaines d’hommes et de femmes qui composent cette grande famille.


Avant de devenir aviateurs, tous passent par une étape incontournable : la formation initiale au Centre de Formation Militaire Élémentaire (CFME) de Saintes.

J’ai eu l’honneur d’y servir en tant que formateur militaire. Ce passage m’a profondément marqué, car il ne s’agissait pas seulement de transmettre des savoirs, mais d’accompagner de jeunes engagés — les MTA (Militaires Techniciens de l’Air) — dans leurs premiers pas dans la vie militaire.

Une formation pour entrer dans la famille "Armée de l’air"

La formation au CFME dure plusieurs semaines. Elle constitue un véritable sas d’entrée dans la vie militaire, où chaque jeune homme et chaque jeune femme apprend à quitter progressivement la vie civile pour intégrer une institution exigeante, fraternelle et profondément tournée vers le collectif.

Tous les futurs aviateurs, quelle que soit leur spécialité (sauf les pilotes et les mécaniciens avion qui suivent un parcours différent), passent par ce centre. On y retrouve une incroyable diversité de profils : des jeunes venus de toute la France, motivés par le désir de servir, de donner de leur temps, parfois même de consacrer leur vie à leur pays.

Et c’est là que commence la véritable aventure.

Entre cours théoriques et immersion sur le terrain

Les premiers jours se passent en salle. Les cours théoriques abordent les bases indispensables : règlement intérieur, organisation de l’armée, valeurs fondamentales, sécurité, hygiène, premiers secours, maniement des équipements…


Mais rapidement, les jeunes comprennent que la formation ne s’arrête pas aux murs de la caserne.

Vient ensuite le temps tant attendu : la sortie terrain. Pendant une semaine, les stagiaires découvrent une autre facette de la vie militaire : celle qui exige de dormir sous la tente ou à la belle étoile, de supporter la pluie, le froid, la fatigue… et de trouver dans la cohésion du groupe la force de continuer.

C’est souvent à ce moment que les plus belles amitiés se nouent, que chacun dépasse ses limites et que les jeunes réalisent qu’ils sont capables de bien plus qu’ils ne l’imaginaient.

Le franchissement de coupure humide : un moment marquant

Parmi les épreuves marquantes, je garde un souvenir très particulier du franchissement de coupure humide. Ce passage, qui peut sembler anodin, devient vite un défi pour ceux qui n’ont pas l’habitude. Froid, incertitude, effort physique… et pourtant, tout le monde finit par réussir, ensemble.

Je me souviens de la fierté sur les visages une fois de l’autre côté. De ce moment précis où les jeunes comprennent que l’armée, ce n’est pas seulement une discipline stricte ou des ordres à suivre : c’est aussi apprendre à faire face à l’imprévu, à se serrer les coudes et à célébrer les petites victoires collectives.

j’ai d’ailleurs mis en avant des photos de ces instants : des groupes déterminés, des sourires malgré la boue, et cette énergie particulière qui soude une section entière.

L’exercice d’évacuation sanitaire

Autre moment fort de la formation : l’exercice d’évacuation sanitaire. Cet entraînement plonge les jeunes dans une situation d’urgence où il faut agir vite et bien. Transporter un blessé, organiser un périmètre sécurisé, coordonner les gestes…

Tout cela en pleine fatigue après des heures de marche.

Ce n’est jamais facile, mais c’est là que se révèlent les futurs aviateurs. Certains découvrent un sens du commandement naturel, d’autres excellent dans le soutien logistique, d’autres encore se distinguent par leur calme.

À chaque session, je voyais ces jeunes gagner en maturité en quelques jours seulement.

Le bivouac : école de patience et de solidarité

Le bivouac fait partie intégrante de cette immersion. Dormir dehors, préparer son repas avec des rations militaires, affronter le froid ou la pluie : autant d’expériences qui forgent le caractère.

Les photos de bivouac sont souvent les préférées des stagiaires, car elles reflètent à la fois la difficulté et les fous rires partagés autour d’un feu improvisé.


Ces moments de camaraderie restent gravés à vie. Ils rappellent que la vie militaire, malgré ses contraintes, est aussi une grande aventure humaine.

Les photos de groupe : symboles d’unité

Chaque promotion au CFME termine sa formation avec une photo de groupe. Pour certains, ce cliché représente bien plus qu’un souvenir : c’est la preuve d’avoir franchi une étape décisive. On y lit la fierté, la fatigue, mais surtout la joie d’appartenir enfin à la famille de l’Armée de l’air.

Ces photos sont précieuses, et c’est aussi pour cela que j’ai souhaité proposer sur mon blog des mugs personnalisés au sigle du CFME. Parce qu’un simple objet du quotidien peut devenir un symbole fort : un rappel de ces semaines de dépassement, d’effort et de camaraderie.

Ce que j’ai retenu en tant que formateur

Être formateur au CFME de Saintes, ce n’était pas un simple poste : c’était une mission.
Mon rôle n’était pas seulement d’enseigner, mais d’accompagner, de transmettre des valeurs et de veiller à ce que chaque jeune reparte grandi.

J’ai vu des jeunes timides devenir des leaders, des sportifs accomplis découvrir la patience, et des personnalités très différentes apprendre à former un seul et même groupe.

Cette expérience m’a confirmé que l’armée, au-delà des uniformes et des insignes, est avant tout une école de vie.

Des souvenirs gravés… et partagés

Aujourd’hui, je garde un profond attachement à ces années passées au CFME. Lorsque je revois les photos de groupe, les franchissements de passage humide ou les exercices d’évacuation, je retrouve cette atmosphère unique, faite de discipline, de camaraderie et de dépassement de soi.

C’est aussi ce qui m’a motivé à créer mon blog, où je partage mes souvenirs mais aussi des objets symboliques comme les mugs au sigle du CFME. Parce que chaque gorgée de café peut devenir un instant de mémoire, un clin d’œil à ce passage marquant dans la vie de nombreux aviateurs.

Conclusion : entrer dans la famille de l’Armée de l’air

Passer par le CFME de Saintes, c’est entrer dans une histoire plus grande que soi. C’est apprendre à porter un uniforme, à respecter des règles, mais aussi à découvrir la puissance du collectif et la fierté d’appartenir à l’Armée de l’air.

En tant qu’ancien formateur, je mesure à quel point cette étape est décisive pour les jeunes engagés. Elle les transforme, les soude et les prépare à servir leur pays avec honneur et dignité.

Et si vous êtes, vous aussi, passé par Saintes, je vous invite à me contacter pour ecrire sur ce blog une partie de votre histoire .. Vous y retrouverez des articles, des témoignages, et peut-être le mug au sigle du CFME qui vous rappellera vos propres souvenirs de formation.

Dans le Vaucluse désormais

Depuis le 1er juillet 2015, la formation initiale des jeunes engagés n’est plus réalisée à Saintes, mais à Orange, dans le Vaucluse. C’est là qu’a été créé le Centre de préparation opérationnelle du combattant de l’armée de l’air, une structure moderne qui a repris les missions de deux unités emblématiques : l’Escadron de formation des commandos de l’air et le Centre de formation militaire élémentaire (CFME).
Ce transfert marque une nouvelle étape dans l’histoire de la formation des MTA, mais l’esprit reste le même : transmettre les valeurs fondamentales de l’Armée de l’air et forger des aviateurs prêts à servir leur pays.

Adjudant DESCAMPS Gérard

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