

Le 602ᵉ GIA (Groupe d’Infanterie de l’Air) fait partie intégrante de l’histoire des parachutistes français. Créé en 1937 à l’instar du 601ᵉ GIA, son destin illustre les mutations de la défense aérienne française.
Genèse & parcours initial (1937‑1940)
Issu du premier souffle des troupes aéroportées françaises, le 602ᵉ Groupe d’Infanterie de l’Air est créé le 1er avril 1937, aux côtés du 601ᵉ, à Baraki près d’Alger, sous la houlette du capitaine Frédéric Geille. Dès 1938, le 602ᵉ brille lors de manœuvres en Tunisie, démontrant sa valeur (image 6: formation initiale en tenue d’époque).
Mais la déclaration de la guerre en 1939 bouleverse tout : le 602ᵉ est dissous en novembre‑décembre 1939, ses effectifs rejoignant la Compagnie de l’Air n° 1, embryon du futur 1er RCP .
Héritage vivant : Compagnie de l’Air et 1er RCP
L'âme du 602ᵉ perdure dans la Compagnie de l’Air n° 1, rapidement rebaptisée Compagnie parachutiste, puis intégrée au 1er Régiment de Chasseurs Parachutistes en 1943
. Cette unité s’illustre en Indochine et en Algerie, avec la participation à des campagnes majeures, ( Dien Bien Phu), marquées par un lourd tribut humain
Traces des traditions parachutistes
Malgré la disparition officielle de son nom, les traditions du 602ᵉ survivent dans les unités aéroportées, incarnées notamment par le CPA 10, qui revendique l’héritage de l’ancienne division de l’Air . Ces traditions sont encore perceptibles à travers le chant du 602ᵉ, composé au début des années 1980

L’Escadron a conquis ses lettres de noblesse
En des pays lointains baptisés T–O-E.
Sur la terre africaine il porta sans faiblesse,
Au nom de l’E-P-I son fanion prestigieux.
Refrain
[ Six-cent-deuxième G-I-A, on t’admire, on te craint.
C’est l’honneur et la gloire qui t’ouvre le chemin. ] (bis)
Tu partis outre-mer pour servir la Patrie,
Djibouti, N’Djaména et la Mauritanie.
Sur les traces des Anciens tombés en Algérie,
Faire flotter l’étendard sur les terres de l’islam
Nous repartirons d’un pas noble et égal,
Quand l’alerte retentira nous serons là,
Prêts à sauter nous embarquerons en Transall,
Vers l’inconnu et l’aventure encore une fois.

Les traditions transmises à travers les conflits
Après la Seconde Guerre mondiale, l’héritage du 602ᵉ se poursuit dans les rangs du 1er RCP, qui combat notamment en Indochine et en Algérie. La culture parachutiste française, profondément marquée par ces conflits, garde en mémoire les fondements posés par les GIA.
Des traditions de chant, d’insignes, de transmission orale et de culture de l’effort perdurent dans les unités de l’armée de l’air, notamment dans les CPA (Commandos Parachutistes de l’Air) et certaines unités d’instruction.
1978 : la renaissance du 602ᵉ GIA avec l’EEI
C’est en 1978 que le 602ᵉ GIA connaît une réactivation officielle, dans le cadre d’une réforme de la formation parachutiste. Cette reformation s’appuie sur l’EEI (Éscadron d'Evaluation et d'Intervention) en place à l’époque, qui deviendra la structure de base du nouveau 602ᵉ. L’objectif : relancer une unité d’instruction et de tradition, capable de former de jeunes engagés tout en ravivant l’héritage oublié.
Cette renaissance intervient dans un contexte où les besoins en troupes professionnelles formées rapidement et efficacement se font sentir, notamment pour les opérations extérieures, les forces spéciales et les unités d’intervention rapide.

Missions et spécificités du 602ᵉ GIA version 1978
Le "nouveau" 602ᵉ, appuyé sur l’EEI, devient un centre de formation d’élite pour les jeunes recrues. Ses missions incluent :
l’entraînement physique intensif ;
l’instruction aux techniques de saut ;
la transmission des valeurs parachutistes (dépassement de soi, camaraderie, rigueur) ;
la formation à la résistance mentale et à la rusticité.
L’unité s’inscrit alors dans la lignée directe de ses prédécesseurs, tout en étant tournée vers l’avenir. Elle forme plusieurs générations de soldats qui partiront ensuite vers d’autres régiments parachutistes ou commandos.
Mon numéro 108 : une trace historique
Porter le brevet n°108 du 602ᵉ après 1978 est bien plus qu’un simple chiffre : c’est appartenir à l’une des premières promotions de cette unité renaissante. Cela signifie :
être parmi les premiers formés par l’EEI sous l’étendard du 602ᵉ ;
participer à la reconstruction de la mémoire d’une unité dissoute trop tôt ;
incarner la transmission des valeurs fondatrices.
Symbolique, esprit et traditions
Le retour du 602ᵉ s’accompagne de la réactivation de son insigne, de son chant de tradition (écrit dans les années 1980), et d’une volonté de cohésion intergénérationnelle. Les anciens et les jeunes se retrouvent autour de symboles communs : le béret, la devise, les rites de passage.
Les valeurs inculquées sont celles de l’autonomie, de la rusticité, de la loyauté et du sens du sacrifice, toujours d’actualité dans les unités modernes.

Un retour ancré dans l’histoire militaire française
Le 602ᵉ GIA version 1978 n’est pas qu’une unité d’entraînement. C’est un pilier de mémoire vivante, un passeur d’histoire militaire. Il rappelle que les grandes unités peuvent renaître de leurs cendres, à condition de s’appuyer sur des hommes motivés, un encadrement solide et une fierté d’appartenance.
Conclusion
La réactivation du 602ᵉ GIA en 1978 avec l’appui de l’EEI marque le retour d’un pan oublié de l’histoire parachutiste française. Dissous dans la précipitation en 1939, le groupe revient dans un rôle central : former, transmettre, perpétuer.
Aujourd’hui, chaque breveté de cette époque – dont le numéro 108 – est un gardien de cette mémoire. L’histoire du 602ᵉ n’est pas finie : elle continue dans les cœurs, les chants et les gestes des soldats qu’il a formés.
Gerard D Brevet Numéro 108

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